Proximity by Charlotte Moth

September 18, 2011
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2011.09.18

English artist Charlotte Moth decided to make a model of an interesting and popular building in Saint-Ouen, a covered skating rink. From the 1960s, the famous architect Paul Chemetov designed and built many social and public buildings, including this famous skating rink in 1975. Located in the centre of the suburb of Saint-Ouen, this multifunctional building serves as a leisure centre, a shelter, a shopping centre and a car park.

Strongly related to science-fiction novelist Ballard and the aesthetic of Blade Runner, the building is fascinating for its structural method and anticipated a lot of furtive architecture seen in our time. The building's anachronism struck my imagination. I discovered the Patinoire of St Ouen because I lived there between 2007 – 2010. I was mystified by this building, as it is so different from other buildings seen on a daily basis, near the places I had lived. For Lavomatic, which is also Seamus Farrell's studio space, I wanted to develop work that related the physical proximity of the Patinoire to Lavomatic (the Patinoire is situated at the end of the main road from which Rue Claude Monet stems).
Following a visit with Cécile Bourne-Farrell in June this year to Paul Chemetov's architectural office - he designed the Patinoire in 1975 - I became more and more interested in the Patinoire's model, which I discovered through a series of photographs. We did not find the original model.
I decided I would like to reconstruct the model to the best of my abilities through looking at existing images of it. My model in this sense functions as a three dimensional drawing, a sculpture. Displayed in the window space of Lavomatic, the sculpture is simply lit.

Charlotte Moth and Cécile Bourne-Farrell would like to thank Monsieur Paul Chemetova and Agnès Chemetoff, Peter Fillingham, Rachel Daniels, Seamus Farrell, Mohssin Harraki, Ricardo Nicolau, (Fundação Serralves, Porto), Caroline Coll, director at Service Culturel and the archives at Saint-Ouen.

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Loin des constructions brutalistes des années 50, l’architecte PaulChemetov a répondu à la demande de construction et d’aménagement dès la fin desannées 70 pour de nombreux projets urbanistiques, dont cette fameuse Patinoirede Saint-Ouen, conçue dès 1975.

Ce qui frappe le plus, c’est certainement la dichotomie qui existe entrel’extérieur et l’intérieur et une certaine esthétique oppressante à la« Blade Runner » ( Ridley Scott, 1982) qui replace cette architecturede science-fiction à la Ballard (1930- 2009) dans un certain anachronisme quinous paraît très intéressant aujourd’hui.

Normalement on fait une maquette avant de construire pour se rendre comptede ce que va être le bâtiment et ses alentours, Charlotte Moth, fascinée par la notion d’archive a fait l’inverse. Après avoir tourné ettourné autour de la patinoire sans jamais pouvoir la photographier en entier,elle a formulé le désir de reconstituer à sa façon l’ensemble de ces fragmentsd’images et certaines étapes qui font construction.Le fait aussi de ne pasretrouver la maquette originale chez le maître d’oeuvre a forgé son désir d’enreconstruire une nouvelle, la sienne. L’artiste anglaise, Charlotte Moth qui est profondément intéressée par l’idée de restituer l’expérienced’un volume architectural ou sculptural dans son travail de plasticienne asouhaité mettre en exergue la dimension structurelle qui habite ce bâtiment àdeux pas de l’original, rue Claude Monet.

J’ai pratiqué la Patinoire de Saint-Ouen quand j’étais audonienne de 2007-2010. J’ai toujours été fascinée par ce bâtiment parce qu’il est si différentde ceux que j’ai habité et de ceux que j’ai pu fréquenter. Pour le LavomatiqueStudio, qui est aussi l’espace de travail de Seamus Farrell, j’ai souhaitédévelopper un travail qui se réfère à une certaine proximité de la Patinoire auLavomatique Studio. (La Patinoire est située à deux pas, au croisement de larue Bauer et de la rue Claude Monet). Après une visite avec CécileBourne-Farrell en juin cette année à l’agence de l’architecte Paul Chemetov quia conçu la Patinoire en 1975 j’y ai découvert une série de photographies dansses archives qui m’ont décidé à fabriquer ma maquette de la Patinoire puisquela maquette originale est introuvable. J’ai donc décidé de reconstruire lamaquette de mon mieux au travers différentes images existantes. Mon modèle dansce sens fonctionne comme un dessin en trois dimensions, comme une sculpture.Présentée dans la vitrine de l’espace du Lavomatique, cette sculpture serasimplement allumée. Charlotte Moth

Détestée par certains et adulée par d’autres, la Patinoire est un édificeincongru, construit dans un contexte urbanistique en plein changement oùl’intervention des fluides routiers modifie la notion d’espace. Le bâtiment estbien situé dans la ville et comme le dit l’architecte où « la voiture –objet industrialisé s’il en est, se déplace sous un élément qui fait pour lui,la route ». Cette architecture a donc plusieurs fonctions qui vont de lanotion de rue à celle d’abri, de promontoire (qui n’a pas essayé de monter lesescaliers pour aller voir d’en haut ?), d’échange et de parking. Lebâtiment est constitué d’un système de construction en poteaux poutresmétallique de tôles laminées et de béton armé qui offre un éclairage zénithal,associant la mémoire des bâtiments industriels à celle d’une légèreté renduepossible par des portées architectoniques de taille. Donner à montreraujourd’hui la patinoire au travers ce rappel de la maquette d’une jeuneartiste c’est essayer de restituer l’expérience de l’espace et des intentionsqui habitent les lieux et comment on les vit. C’est aussi reconnaître que parmanque d’entretien, la pluie laisse ses traces, que le vent a courbé les tôleset que le béton a craqué. Ce bâtiment plein de vie a anticipé bien d’autresarchitectures quasi furtives et est emblématique d’une certaine fascinationpour les matériaux et du désir sous-jacent de l’architecte qui est celui de« comment aménager la patience de ce qui va advenir ? »1

Cécile Bourne-Farrell, curator

Remerciements : Charlotte Moth et Cécile Bourne-Farrell tienent àremercier tout particulièrement Monsieur Paul Chemetov, ainsi que AgnèsChemetoff, Peter Fillingham, Rachel Daniels, Seamus Farrell, Mohssin Harraki,Ricardo Nicolau, (Fondation Serralves, Porto), Caroline Coll, Directrice duservice culturel et les archives de Saint-Ouen.

↑ 1

Paul Chemetov,  « Architectures 1964-2005 », ed. Le Moniteur, 2006

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