—2010.04.20

[:fr]Texte au sujet du travail de Djamel Kokene [:]

[:fr]Tentative de restitution de la place de la personne dans le travail artistique de Djamel Kokene

Il y a cinquante ans Frantz Fanon dénonçait le détournement de la personne humaine qui s’opérait dans notre société1« Les Damnés de la Terre », Franz Fanon, 1961 . C’était en 1961, au moment de la décolonisation de certains pays et notamment de l’Algérie où Franz Fanon était médecin psychiatre. A cette époque, il disait qu’il reste « un travail colossal qui consiste à réintroduire l’homme par l’homme et que cela se fera avec l’aide décisive des masses européennes qui, il faut qu’elles le reconnaissent, se sont souvent ralliées sur les problèmes coloniaux aux positions de nos maîtres communs. Pour cela, il faudrait d’abord que les masses européennes décident de se réveiller, secouent leurs cerveaux et cessent de jouer au jeu irresponsable de la Belle au Bois dormant »2Idem, 1, p. 103 .

Aujourd’hui, presque cinq décennies plus tard, on peut constater que certaines problématiques restent identiques. Si les droits de l’homme sont bafoués, que les êtres humains continuent d’être exploités3Voir esclavagisme, Mike Davis, anthropologue, « Le Stade Dubaï du Capitalisme », Ed. Les Belles Lettres, 2007 , certains artistes contemporains, comme Djamel Kokene envisagent leur rapport au monde d’une autre façon, en y introduisant une certaine place pour la personne.

Le travail de cet artiste propose une variété d’interprétation de dispositifs conceptuels qui laissent la belle part à celui qui regarde « comme quelque « chose qu’il aurait dans la main et qui cherche la même chose que celle qu’elle a déjà » selon Platon. En effet, l’artiste travaille sur ce qui existe, ce qui là, sur ce que l’on sait et ce que l’on a, que l’on est ou que l’on tente de pratiquer au quotidien.
La question de l’espace restitué à la personne renvoie dans le travail de Djamel Kokene à l’attention que l’on peut avoir sur le corps intime et pour cela je propose de ne parler que de certaines œuvres à savoir, celle « Eventual Issue », de l’homme social et son appartenance à la collectivité dans les travaux « Escort » ou « Venez investir chez nous et vous y trouverez de l’or » et enfin pour conclure « Musée du Monde ». La cohésion du travail de Djamel Kokene opère dans les aller/retour de l’intimité et d’une ethnographie « multi‐située » qui dépasse les paradigmes tels que ceux qui ont prévalu à la fondation de l’anthropologie.

Il est donc pour moi aujourd‘hui nécessaire de parler de cette question « multi‐située » parce que nous sortons d’une décennie de bonnes pensées, celle du politically‐correct alors que l’on sait très bien qu’il n’est pas possible d’imposer une vision dualiste, voire moraliste et culpabilisante du monde, que la réalité du monde de notre époque d’émergence est beaucoup plus complexe.
Du fait d’une interaction disjonctive et instable du commerce, des médias, des politiques nationales et des fantasmes de consommation, l’ethnicité, qui était autrefois un génie contenu dans une bouteille d’une sorte de localisme, est désormais une force globale qui se glisse sans arrêt dans et à travers les fissures, entre états et frontières.

Les mentalités ont changé et les négociations entre les personnes, ne se font plus de la même façon, ou du moins elles se déplacent. D’autres domaines de réflexions nous ont aussi apporté de nouveaux chemins, notamment la sociologie, la psychologie ou l’anthropologie qui ont permis grâce à certaines grandes figures comme Lévi‐Strauss (qui accordait ô combien de place à l’Homme !), aux Cultural Studies, Arjun Appadurai4« Après le Colonialisme », traduit en français et édité par Petite Bibliothèque Payot, 2005 , Johannes Fabian5« Time and the Other, how anthropology makes its object », Columbia University press, NY, 1983 ou Jacques Rancière de nous offrir la possibilité d’envisager des rapports au monde plus actant, en quête d’une certaine émancipation.

Le travail vidéo « Eventual Issue », réalisé en 2003 met le spectateur dans une position inhabituelle où il voit une personne voilée se déshabiller et se vêtir à nouveau à l’occidentale. Cette femme vit dans un processus de procuration comme dans un rituel. Elle hôte lentement ses vêtements de façon intériorisée avec des gestes automatiques. On assiste à un déshabillage au ralentit qui montre le déroulement d’un processus mental du dédoublement de la personne à une autre, filmé dans la symétrie des gestes puisqu’elle se déshabille et s’habille à nouveau. Ce synopsis prend la forme d’une chorégraphie subtile, au ralentit entre visibilité et invisibilité dont la présence du miroir sur la gauche renvoie à la désadéquation entre l’architecture de cet appartement haussmannien et la nudité de la personne qui est transitoire. Le temps est rallongé jusqu’au moment où elle remet sa montre au poignet et la secoue, comme pour nous renvoyer à l’échelle réelle du temps présent. Cette femme opère comme le dit Abdennour Bidar6« La burqa, symptôme d’un malaise », Le Monde, 23 janvier 2010 dans « un désir personnel d’exister…un refuge à un mal être ressenti vis‐à‐vis du système social qui, derrière un discours et des pratiques de tolérance généralisée, dissimule contradictoirement une uniformité et une uniformisation redoutable des consciences, des attitudes, des discours ». L’artiste renvoie au constat suivant: qu’elle porte le voile ou un habit à l’Occidentale, au final il nous rend à l’évidence qu’il n’y a aucune différence. On comprend que ce travestissement signifie un désir de s’arracher à l’uniformité ambiante. Autrement dit, cette femme porte le voile et l’habit occidental comme une norme, finalement quelque soit son habit, nous n’en savons pas plus sur elle, si ce n’est qu’elle devient la cible de toutes les interprétations possible. Le désir de cette place tant recherchée de la personne est vain « l’habit ne donne même pas la raison de cette reconnaissance de la personne et le refus d’afficher une image de soi, correspond à la réponse inconsciente au règne totalitaire de l’image »7Idem. L’artiste montre aussi que le vêtement est une façon de mieux contrôler les replis de l’intimité de la personne à un moment où la norme sociale veut que nous soyons quasi transparents, non remarqués, « tout juste bon à nous entresurveiller dans l’indifférence et le soupçon »8 « L’Appel des Appels », Roland Gori, édition Mille et une Nuits, 2009, p.19 . Nous vivons dans un monde où l’omniprésence de la suspicion rend ainsi caduque les valeurs démocratiques auxquelles nous sommes attachés et renforce ainsi le pouvoir de ceux qui ont tout à perdre au mépris de ceux qui ont tout à gagner.

Un autre travail de l’artiste intitulé « Escort », 2004 met en exergue la contradiction d’une femme semi‐voilée plutôt glamour et son image de soumission face à ses gardes. Ce travail joue avec ironie des média et juxtapose le système de la starification renforcé par le port de ce voile qui est ici un accessoire plutôt flatteur. Ce travail vidéo intitulé « Escort » met en évidence la contrainte imposée à cette femme et en même temps révèle le pouvoir de cette posture vis à vis d’un éventuel danger qui viendrait de l’extérieur. Elle est protégée pour de bonnes raisons, si nous la croisons, elle ne fera que renforcer l’idée de notre société où l’opinion générale porte à l’isolement, comme pour mieux séparer les personnes comme le commente Laurie Laufer : « l’idée que le voisin est un obstacle ou un rival où le rapport de domination et d’assujettissement de l’autre existe. Se méfier de l’autre ou l’avilir devient le credo de l’impossible rencontre, de l’inefficace partage, de la déshumanisation en marche. Si tout sujet est considéré par l’autre comme objet, un produit d’échange marchand et utilitaire alors le « néototalitarisme » s’infiltre dans tous les rapports humains »9« Les comités locaux, un nouvel éclairage public ? », Laurie Laufer dans « L’Appel des Appels », Roland Gori, édition Mille et une Nuits, 2009, p. 37 et ne tolère plus d’espace pour la personne humaine.

Comme Duchamp et Broodthaers, Djamel Kokene joue de ce qui est visible/invisible – compréhensible/suggéré ‐ dans un type de représentation originellement établie selon le principe de la mimesis ou d’une indexation à une idée. Djamel Kokene tente de montrer que les groupes sociaux provenant de pays non occidentaux et qui en apparence se présentent comme des victimes passives des forces du village global mettent en œuvres des formes subtiles de résistance et de visibilité. Pour cela, des dispositifs d’approche et de domination culturelle et économiques sont inversées, comme en appât.En cela, l’artiste a choisit de retenir en particulier le message d’espoir d’Abdelazziz Bouteflika qui annonçait en 1999 à l’occasion de sa première allocution présidentielle à de potentiels investisseurs « Venez investir chez nous et vous y trouverez de l’or ». Djamel Kokene s’est donc réapproprié cette maxime comme un ready‐made qu’il a décliné en trois différentes versions, l’une anglaise, l’autre arabe et la dernière française, chacune écrite en relief de lettres dorées à disposition, prêtes à recevoir de nouvelles significations dans un contexte différent10Galerie Anne de Villepoix, Paris et Rivoli, Turin en 2009. Cette phrase contient des mots dont la signification dépend ainsi de la place qu’ils occupent ici une galerie d’art ou là un centre d’art. Cette proposition « Venez investir chez nous et vous y trouverez de l’or » veut créer un rapport d’autonomie et d’hétérogénéité qui renvoie aussi à un autre travail de l’artiste intitulé « Cacophonie », 2003, qui convoquait la position de chaque personne concernée par l’universalité des mots de chaque hymne national. Cette œuvre « Cacophonie » est née de la question de la double (voire quadruple) nationalité et l’hymne national qui est une façon de ramener les personnes à poser la question de leur appartenance et notamment au choix de quelle patrie11Cette œuvre convoquait toutes les nations sur un même bateau à chanter leurs hymne créait une dissonance. Pour une meilleure connaissance de ce travail, je vous renvoie au texte exemplaire de Jean‐Claude Moineau « Le Concert des Nations ». In La toison d’or‐The Golden Fleece, Catalogue d’exposition, édition Apollonia, 2004 et en ligne sur www.djamelkokene.com. A ce sujet on peut renvoyer à l’auteur Driss Chraïbi qui aspirait à une écriture musicale, « je rêvais –et rêve encore‐ d’écrire un jour un roman sous forme de symphonie, où chaque mot serait une note de musique » (Le Monde à côté). ? Autrement dit, le dispositif conceptuel que propose l’artiste est une façon de redistribuer des idées: liez, déchiffrez, appropriez‐vous cette phrase ! Le choix esthétique des lettres en or de « Venez investir chez nous et vous y trouverez de l’or » nous fait peut‐être aussi comprendre que c’est une annonce, le nom d’une banque ou d’une marque, d’éléments combinatoires du langage néo‐colonialiste et aussi un clin d’œil au pillage des richesses du Monde ?
Que ce soit dans le domaine de l’économie ou dans celui de l’identité, tout ce qui véhicule l’échange est contaminé par l’hégémonie des équivalences. L’expression de l’individu est alors sujette à de telles conditions de diffusion que son statut en est radicalement modifié, parce que ces nouvelles conditions et les confusions qu’elles engendrent influent à leur tour sur la définition de l’individu et donc sur sa place dans la société. L’idée est donc celle d’introduire d’autres dispositifs de connaissance. Le langage entendu comme système de communication, d’articulation, dans sa capacité à produire des images ou à établir un discours – et non les mots eux‐mêmes stigmatisent la potentialité de la phrase. Dans une certaine filiation de l’art conceptuel, Djamel Kokene spatialise le texte, associant visuellement la pensée aux conditions de son énonciation.

Enfin, le projet de Djamel Kokene « Musée du Monde » s’inscrit ainsi dans le dispositif de désignation du musée dans lequel sont rassemblées et classées des collections d’objets présentant

un intérêt historique, technique, scientifique artistique en vue de leur conservation et de leur présentation au public. C’est à la lecture de Jean Baudrillard12 « La consommation est un mode actif de relation non seulement aux objets, mais à la collectivité et au monde, un mode d’activité systématique et de réponse globale sur lequel se fonde tout notre système culturel ». Jean Baudrillard, Le système des objets, 1968, Coll. TEL, p.274. « Le principe de l’analyse [de la consommation] reste celui‐ci : on ne consomme jamais l’objet en soi dans sa valeur d’usage — on manipule toujours des objets comme signes qui vous distinguent soit en vous affiliant à votre propre groupe pris comme référence idéale, soit en vous démarquant de votre groupe par référence à un groupe de statut supérieur». Jean Baudrillard, La société de consommation, Folio‐essai, 2000, p.79. « La consommation est un système qui assure l’ordonnance des signes et l’intégration du groupe : elle est donc à la fois une morale […] et un système de communication, une structure d’échange. […] Dans ce sens, la consommation est un ordre de signification, comme le langage, ou comme le système de parenté en société primitive ». Jean Baudrillard, « La société de consommation », ibid., p.109‐110.sur le système des objets que l’artiste propose « un mode actif de relation non seulement aux objets, mais à la collectivité et au monde, un mode d’activité systématique et de réponse globale sur lequel se fonde tout notre système culturel ». C’est à partir de cette réflexion que l’artiste introduit la notion de « conservation ouverte » envisageable sous la forme de fragment du monde, déclinée selon tous les médiums envisageables. Dans ce sens et dans la continuité du travail de Gordon Matta Clark et de Robert Smithson, cette question de la place active de la personne était déjà énoncée dans les années 70 en soustrayant des éléments pour mieux révéler les usages et la dimension entropique.

De cette façon, dans le travail de Djamel Kokene on peut par extension imaginer passer d’un système à un autre, comme une sorte de monnaie d’échange où à celui où tout système qui gagne de l’entropie prend ainsi à un autre ou à la chose existante. D’une autre façon Roger Balian13Université de tous les savoirs, p220 parle de ‘l’entropie associée à la notion de probabilité […] Elle caractérise non pas un objet en soi, mais la connaissance que nous en avons et nos possibilités de faire des prévisions. Elle a donc un caractère à la fois objectif et subjectif ‘’. C’est dans cette logique de potentialité que Djamel Kokene propose le fait d’être actif dans le réel selon différentes formes critiques avec son travail intitulé « Musée du Monde » qui se décline dans le déplacement suivant les contextes où il intervient, son vrai lieu étant hors le musée tel qu’il est entendu habituellement.

L’artiste renvoie avec ce dispositif mental à l’appropriation que chacun prend dans l’espace public pour restituer sa place dans la rue ou dans le paysage (comme dans le cas de la commande publique de Ceyras14« Musée du Monde » a fait l’objet d’une commande publique (en cours d’élaboration) du Ministère de l’Écologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire avec le soutien du Ministère de la Culture, en Languedoc‐Roussillon. Mise en place sur le tronçon de l’autoroute A75 ‐ A 750, Commune de Ceyras. ) comme marqueur de territoire et de réseau. Un territoire se définissant comme «la composition de points singuliers qu’invente une série d’activités, à l’opposé un réseau se compose de points ordinaires et de relations d’équivalences qui se relient ». Pour cela, comme le réseau est de nature statistique, il est logique que l’artiste ai fait prendre une photographie au quotidien d’un des murs dans la ville où il était invité à intervenir, comme des repères de « particules singulières »15« Art, territorialité, réseaux », Jean‐Philippe Antoine, éd. Tram 2008 en donnant à expérimenter publiquement, sous forme de traces durables, la place de chacun. Ce « Musée du Monde » porte une dimension universelle et critique qui nous amène à penser que tout est possible, dedans et dehors du musée. Cette proposition « Musée du Monde » n’intervient pas pour assermenter des preuves, labelliser ou asséner des raisons démonstratives, mais plutôt pour travailler sur l’interprétation des lieux et de leurs contextes. A ce sujet, dans un texte intitulé « La Fin du Musée », Nelson Goodman se demande pourquoi il arrive que dans un musée une œuvre ne fonctionne pas et laisse le spectateur indifférent16Extrait du texte de Jean Galard « Une question capitale pour l’esthétique », du séminaire « Qu’est‐ce qu’un chef d’œuvre ?», Louvre en 98, publication éd. Gallimard. ? Il y aura toujours des raisons infinies à cela, mais ce qui est sur c’est que l’artiste définit des stratégies qui potentiellement renvoient à la place que chacun voudra bien associer à cet énoncé, comme facteur d’émancipation. C’est pourquoi Djamel Kokene se permet d’installer son « Musée du Monde », là où il sait que cela fonctionne, au cœur

même de la ville de Mouans‐en‐Sartoux, sur un mur, comme dans le Centre de la photographie île de France à l’occasion d’une exposition sur la question des échelles17« Faire le Mur », Centre d’art Mouans‐Sartoux, 2008 et « Autres mesures », 28 avril 14 juillet 2009, www.cpif.net . Ces images prises à Mouans‐en‐ Sartoux devant le mur sur lequel était écrit « Musée du Monde » sont des témoignages restitués sur le plus petit écran plasma et prennent alors une dimension différente. De même, mettre sur un bandeau de papier le « Musée du Monde » sur un livre dans le salon de lecture du musée du qui Branly18« Une aiguille dans une botte de foin », 9 au 21 mars 2009, musée quai Branly, Paris c’est aussi renverser la position de l’ouvrage concerné, comme pour mieux détourner l’ouvrage et la lecture de celui‐ci.
Pour conclure rappelons que les artistes n’ont cessé de détourner les codes écrits et institutionnels et revenons à la dimension critique associée au musée dans une histoire relativement récente de l’art. L’artiste belge Marcel Broodthaers avait fait, chez lui à Bruxelles en 1968. Il a ouvert un musée fictif, le Musée d’Art moderne (Section XIXe siècle) Département des Aigles qui se référait à l’autorité mythique de l’aigle (comme à sa bêtise notoire). Il s’agissait pour lui d’inventer une entité institutionnelle vide, un tas de néant, productrice d’une intense activité épistolaire, une critique en action des lieux officiels d’exposition, de stockage, et de légitimation de l’art. Comme le dit Marie Muracciole19« …Une fiction permet de saisir la réalité et en même temps ce qu’elle cache », Le Portique [En ligne], 5 | 2000, mis en ligne le 24 mars 2005, Consulté le 26 septembre 2009. URL : http://leportique.revues.org/index402.html « Le Musée des Aigles jouait sur la métonymie, la caisse valant pour ce qui est dedans, la reproduction pour l’original, le dispositif d’accrochage pour l’exposition, le nom pour l’institution – ainsi assimilée à un contenant qui subtilise son contenu. Cette mise en scène du statut des arts plastiques se poursuivra par l’ouverture de plusieurs Sections – dont la Section Financière en 1971 –, jusqu’à la fermeture pour cause de faillite en 1972. Pour son créateur, l’art ne pouvait survivre que dans la mesure où il reconnaissait sa subordination aux valeurs dominantes : l’idéologie et la spéculation. La dernière étape sera la mise en vente du musée, devenu lui‐même une marchandise ».
Enfin, au moment où Mallarmé émancipe les mots de leur articulation, Saussure a déjà énoncé sa théorie du « langage système » : la signification des mots est tributaire de leur position à l’intérieur de la phrase plus que de leur relation initiale à un modèle qui devient un espace d’évocation et d’équivalences impossibles, mais également le théâtre d’un échange entre les mots et les entités différentes qu’ils convoquent. La compréhension et les usages que l’on fait des propositions de Djamel Kokene renvoient dans une certaine filiation conceptuelle à la dimension critique celui qui est acteur de sa propre émancipation.

Cécile Bourne‐Farrell, le 20 avril 2010[:]

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References   [ + ]

1. « Les Damnés de la Terre », Franz Fanon, 1961 
2. Idem, 1, p. 103
3. Voir esclavagisme, Mike Davis, anthropologue, « Le Stade Dubaï du Capitalisme », Ed. Les Belles Lettres, 2007
4. « Après le Colonialisme », traduit en français et édité par Petite Bibliothèque Payot, 2005
5. « Time and the Other, how anthropology makes its object », Columbia University press, NY, 1983
6. « La burqa, symptôme d’un malaise », Le Monde, 23 janvier 2010
7. Idem
8. « L’Appel des Appels », Roland Gori, édition Mille et une Nuits, 2009, p.19
9. « Les comités locaux, un nouvel éclairage public ? », Laurie Laufer dans « L’Appel des Appels », Roland Gori, édition Mille et une Nuits, 2009, p. 37
10. Galerie Anne de Villepoix, Paris et Rivoli, Turin en 2009
11. Cette œuvre convoquait toutes les nations sur un même bateau à chanter leurs hymne créait une dissonance. Pour une meilleure connaissance de ce travail, je vous renvoie au texte exemplaire de Jean‐Claude Moineau « Le Concert des Nations ». In La toison d’or‐The Golden Fleece, Catalogue d’exposition, édition Apollonia, 2004 et en ligne sur www.djamelkokene.com. A ce sujet on peut renvoyer à l’auteur Driss Chraïbi qui aspirait à une écriture musicale, « je rêvais –et rêve encore‐ d’écrire un jour un roman sous forme de symphonie, où chaque mot serait une note de musique » (Le Monde à côté).
12. « La consommation est un mode actif de relation non seulement aux objets, mais à la collectivité et au monde, un mode d’activité systématique et de réponse globale sur lequel se fonde tout notre système culturel ». Jean Baudrillard, Le système des objets, 1968, Coll. TEL, p.274. « Le principe de l’analyse [de la consommation] reste celui‐ci : on ne consomme jamais l’objet en soi dans sa valeur d’usage — on manipule toujours des objets comme signes qui vous distinguent soit en vous affiliant à votre propre groupe pris comme référence idéale, soit en vous démarquant de votre groupe par référence à un groupe de statut supérieur». Jean Baudrillard, La société de consommation, Folio‐essai, 2000, p.79. « La consommation est un système qui assure l’ordonnance des signes et l’intégration du groupe : elle est donc à la fois une morale […] et un système de communication, une structure d’échange. […] Dans ce sens, la consommation est un ordre de signification, comme le langage, ou comme le système de parenté en société primitive ». Jean Baudrillard, « La société de consommation », ibid., p.109‐110.
13. Université de tous les savoirs, p220
14. « Musée du Monde » a fait l’objet d’une commande publique (en cours d’élaboration) du Ministère de l’Écologie, de l’Energie, du Développement durable et de l’Aménagement du territoire avec le soutien du Ministère de la Culture, en Languedoc‐Roussillon. Mise en place sur le tronçon de l’autoroute A75 ‐ A 750, Commune de Ceyras.
15. « Art, territorialité, réseaux », Jean‐Philippe Antoine, éd. Tram 2008
16. Extrait du texte de Jean Galard « Une question capitale pour l’esthétique », du séminaire « Qu’est‐ce qu’un chef d’œuvre ?», Louvre en 98, publication éd. Gallimard.
17. « Faire le Mur », Centre d’art Mouans‐Sartoux, 2008 et « Autres mesures », 28 avril 14 juillet 2009, www.cpif.net
18. « Une aiguille dans une botte de foin », 9 au 21 mars 2009, musée quai Branly, Paris
19. « …Une fiction permet de saisir la réalité et en même temps ce qu’elle cache », Le Portique [En ligne], 5 | 2000, mis en ligne le 24 mars 2005, Consulté le 26 septembre 2009. URL : http://leportique.revues.org/index402.html
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